27 janvier 2012
Et si on vivait tous ensemble ?
Encore un joli film vu ces jours derniers et que j'ai envie de vous faire partager...
"Et si on vivait tous ensemble ?", réalisé par Stéphane Robelin, vient de sortir. N'hésitez pas à aller le voir, si vous en avez l'occasion...
Une bande de vieux amis septuagénaires, confrontés aux problèmes de santé dûs à leur âge, se rebellent et décident de vivre ensemble, plutôt que de se retrouver en maison de retraite. Projet un peu fou et qui ne fait pas l'unanimité chez leurs proches...
Le film aborde le problème de plus en plus d'actualité de la vieillesse, et de la manière dont on peut envisager la vie lorsqu'on n'est plus capable de se débrouiller sans aide. Mais il le fait sous un angle surprenant et décapant. Les "personnes âgées" du film ne correspondent en effet pas aux critères habituels de ce genre de population ! Maladie, famille, sexualité, beaucoup de thèmes sont abordés.
"Et si on vivait tous ensemble?" ne se résume pas à sa bande-annonce un peu trompeuse, puisqu'il ne s'agit pas que de rire et de comique, même si cet aspect-là est très important dans le film... On rit, certes, mais on est également très ému et touché.
Les acteurs (Guy Bedos, Pierre Richard, Claude Rich, Jane Fonda, Géraldine Chaplin et Daniel Brühl) sont excellents, mais je décernerai une palme toute particulière à Pierre Richard, terriblement juste et émouvant, ainsi qu'à Jane Fonda, dont j'ai beaucoup aimé le personnage.
Le seul petit bémol que je mettrais à mon enthousiasme est le rythme parfois un peu lent du film.
Mais allez-y ne serait-ce que pour le jeu des acteurs, dont on partage les inquiétudes face au vieillissement avec un certain pincement de coeur.
Je signerais volontiers pour une colocation de ce type avec mes amis les plus chers...
C'est un film grave et joyeux, comme la vie !
24 janvier 2012
Les yeux ouverts...
De nouveaux mots, pour accompagner mes photos...

Pierre avait les yeux ouverts. Il regardait défiler le paysage à toute allure. Les arbres formaient un voile ininterrompu et son regard n’accrochait aucune aspérité qui aurait pu stopper ce dévidoir infernal.
Il savait que chaque seconde l’éloignait de sa terre. De ses racines. Il savait qu’il ne rembobinerait jamais la pellicule à l’envers. Pourtant il aurait bien aimé que ce tourbillon s’arrête un instant. Le laisse souffler. Ou plutôt aspirer une goulée d’air. Là, il se sentait comme en apnée. Une apnée qui avait commencé dès qu’il avait refermé la portière. Depuis ce moment-là, il n’avait plus respiré. Il s’était figé. Le monde se déroulait autour de lui, mais lui n’en faisait plus partie. Et cela ne semblait inquiéter aucun des autres occupants de la voiture.
Il entendait des voix, des sons, de la musique même, qui se mélangeaient dans l’habitacle hermétique. Cela formait comme un magma cotonneux dans ses oreilles et il ne saisissait rien de distinct pas plus qu’il ne voyait une image précise du dehors. « Chamallow » se dit-il. "Ma vie est un chamallow géant. Le goût sucré en moins", s’empressa-t-il de rajouter pour lui-même. Et il eut presque envie de sourire.
Personne ne s’était aperçu qu’un frémissement avait agité brièvement ses lèvres.
Il replongea instantanément dans son rêve immobile. La route continuait à dévider son décor fuyant. Ses yeux n’arrivaient pas à suivre le mouvement. Tout allait trop vite. Il lui semblait que son regard se heurtait et se déchirait sans cesse au montant de la vitre qui brisait le film. Impossible de regarder derrière. Ce qui était passé était passé. A jamais révolu.

Il en avait presque mal au cœur. Le flou en mouvement lui donnait la nausée, mais il ne pouvait en détacher son regard, comme hypnotisé, réduit à néant.
Un moment il essaya bien d’imaginer d’autres lieux, d’autres arbres, une autre terre, d’autres racines. Un haut-le-cœur l’en empêcha. Et puis, on ne peut pas construire sur du vide, se disait-il. Pour inventer, il faut avoir de la matière. Et Pierre se sentait nu. Comme une particule en suspension dans le vide. Il s’imaginait volant dans une atmosphère dépourvue d’attraction terrestre. Il avait lu quelque chose là-dessus. Il se voyait comme un cosmonaute sans cordon ombilical. Livré au hasard. Perdu dans le néant. Et son esprit errait, suspendu à rien. Il ne savait pas où il allait. A peine d’où il venait. Rêver était désormais sa seule liberté.
Il avait de plus en plus mal au ventre, sans qu’il pût dire si c’était le mouvement et la vitesse ou autre chose de bien plus profond qui provoquait cette envie de vomir. Il avait le cœur au bord des lèvres. Prêt à se répandre sur le velours des sièges. Il se demanda même s’il n’en aurait pas tiré une certaine satisfaction. Il imaginait les cris et la panique des autres passagers à l’idée d’être souillés par un tel événement irrépressible, trivial et malodorant.
Encore une fois, malgré son mal-être, un rictus fugace anima ses lèvres à l’insu de tous.
Il avait l’impression que sa vie défilait comme les arbres dehors. Dans l’indifférence générale et muette de tous les acteurs spectateurs du film.

Il se força à fermer les yeux un bref instant. Juste le temps de se sentir vivant. Puis les rouvrit.
Il pensait s’accrocher aux nuages gris qui déchiraient le ciel. La pluie s’invita en rigoles fuyantes sur les vitres. Il suivit des yeux les gouttes qui remontaient, au mépris de la gravité, sur le pare brise et se dit que la vitesse modifiait toute chose. Lui aussi aurait bien voulu aller à contre-courant de sa vie.
Il ne savait plus depuis combien de temps il roulait ainsi vers il ne savait quoi.
Le brouhaha des voix ne l’atteignait presque plus, se mêlant au roulis du moteur jusqu’à ne former qu’un. Il aurait voulu dormir, mais le sommeil se refusait à lui obstinément.
Il était condamné à regarder sans voir comme on vit sans y penser quand on est un enfant.
Soudain, la voiture ralentit et il vit des arbres comme des grimaces noires plantés distinctement sur le ciel. Le jour était devenu gris. Le monde était devenu sombre.
Quelqu’un ouvrit la portière et voulut lui prendre la main. Mais il refusa et sortit seul en titubant, ivre d’être resté trop longtemps immobile. La terre tanguait sous ses pieds. Il fit deux pas. On lui parlait mais il n'entendait ni ne comprenait.
Il était là, hésitant. Soudain il réalisa qu'il n’était qu’un enfant et qu'il était seul. Seul contre tous, sans parents, sans famille... « Placé » comme on dit sobrement dans l’administration sociale.
Son avenir commençait là. Au bout de cette longue route et de ce film interminable.
Maintenant, il allait devoir avancer, contre vents et marées. Tenir debout. Grandir. Se battre. Apprendre à oublier...

Alors, sans un mot Pierre leva sur eux ses yeux grands ouverts, il regarda le ciel qui tournait, les arbres noirs, et vomit violemment en un long flot amer sa vie d’avant.
MLS - 23 janvier 2012
23 janvier 2012
Avant-Printemps # 3
Le printemps entre aussi par petites touches dans la maison...

Mais l'ambiance est encore aux chaudes couleurs d'hiver...

Bonne semaine à tous !

18 janvier 2012
Avant-Printemps # 2
Photos prises sous le soleil de la mi-janvier il y a deux jours..

Encore un rêve d'avant-printemps !

16 janvier 2012
Avant-Printemps...
Ce mois de janvier a un goût d'avant-printemps, au jardin, vous ne trouvez pas ?
...Autres fleurs de janvier au jardin...
Ca fait rêver ! Pourvu que le gel ne s'en mêle pas ! :)

09 janvier 2012
La délicatesse
Très joli film français vu récemment et que je vous recommande !
Le titre résume bien l'émotion qui s'en dégage.
Je ne vous raconterai pas l'histoire en détail, préférant vous laisser découvrir par vous-mêmes l'ambiance, les personnages et la trame du film.
Tiré du livre éponyme de David Foenkinos (cumulant dix prix littéraires et vendu à plus de 700 000 exemplaires), mis en scène par lui-même et son frère Stéphane (c'est leur première oeuvre cinématographique) , ce film peut être défini comme une "comédie sentimentale".
Les acteurs Audrey Tautou et François Damiens, improbable duo, sont excellents, l'une dans le rôle d'une jeune femme, trop tôt veuve, un peu perdue dans sa douleur muette, jusqu'à l'embauche dans sa société d'un certain Markus, patient, délicat, obstiné, et surtout plein d'humour, qui est l'incarnation même du titre, "la délicatesse", malgré son physique un peu ingrat et son élégance incertaine...
Cette histoire de renaissance est aussi celle de l'étrangeté amoureuse.
Associant des sourires, de l'émotion, de la cruauté et de l'humour, des réminiscences de Jeunet ou Truffaut, ce film se termine sur de belles images et une scène finale qui m'a beaucoup touchée.
A noter : la musique est signée Emilie Simon.
David Foenkinos à la Foire du Livre de Brive en novembre dernier
04 janvier 2012
Oiseau de fête...
Souvent, en cette saison, dans le pommier chargé de fruits devant ma fenêtre j'aperçois ceci :

Mais ce jour-là...

J'ai eu du mal à en croire mes yeux !

Vite, courir chercher l'APN, prendre quelques clichés
malgré le contre-jour de cet après-midi de fin décembre...
Je ne rêve pas : le plumage est vert, le bec est crochu !
Mais alors, l'oiseau qui se régale en face de moi est un... PERROQUET !

Il me faut une photo plus nette. Changement d'appareil.

Mais, dérangé par le bruit de la fenêtre ouverte, le bel oiseau des îles s'est déjà envolé, pour rejoindre le noisetier voisin...

Vite, un dernier cliché..
C'était un 30 décembre 2011, à Lambersart, près de Lille !
Je n'en suis toujours pas revenue...
PS. Anne a peut-être raison dans les commentaires... Est-ce une perruche ou un perroquet ? je n'y connais rien du tout... Si vous le savez, dites-le moi !
03 janvier 2012
Tableau
Je vous fais partager cet essai de photo "retravaillée "
à la manière des débuts de la photographie...

Alors, vous en pensez quoi ?

























