Line in Blog

Des petits bouts de moi...

22 août 2016

Bleu et blanc

Les couleurs du bouquet du week end...

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Giroflées et freesias !

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Bonne semaine !

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15 août 2016

Araignée du soir

 

araignée du soir-001

 

Haïkus – Araignée du soir…

Araignée du soir
Accrochée à tes fils d’or
Un bijou de soie

Araignée du soir
Patiente et immobile
Sur ta toile nue

Araignée du soir
Paraphe de lumière
Tu signes l’espoir.

© Marie-Line Saltel-Bayol - 14/08/2016

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14 août 2016

Bouton d'or

bouton d'or

Haïkus – Bouton d’or 

Ta corolle d’or
Brille comme de la soie
Etoile sombre

La flaque jaune
dessinée sur le sol gris
éclaire l’ombre

Astre timide
posé comme un rayon clair
Tu luis dans le soir


© Marie-Line Saltel-Bayol - 13/08/2016

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13 août 2016

Hortensia rose

 

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Haïkus – 12 nuances d’hortensia


Hortensia rose
Tu déploies les nuances
De ta palette

Mes yeux caressent
Le papier crépon froissé
De tes pétales

Buvard végétal
Tu déploies en nuances
Tes teintes tendres

© Marie-Line Saltel-Bayol - 13/08/2016

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11 août 2016

10 ans !

6 août 2006 : Argentat (Corrèze) blue and rose brocante

broc

8 août 2016 : Marquette lez Lille (Nord) achats coup de coeur en brocante

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2016-08-08 Brocante Marquette

 10 ans !

10 ans de photos, 10 ans de passions, 10 ans de mots, 10 ans de moi partagés avec vous !
Merci à tous ceux (il y en a encore quelques-uns) qui me suivent depuis le début.
Je ne sais pas si je continuerai encore longtemps,  les autres réseaux sociaux sont dévoreurs de temps eux aussi...

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Mais en attendant je vous remercie de souffler avec moi les 10 bougies de ce blog !

bougie merci

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07 août 2016

Cinq ans (suite et fin)

Voici la suite et fin de cette courte nouvelle...
Je vous remercie de vos encouragements, et j'espère que vous ne serez pas déçus...

the end


Cinq ans (suite et fin)

Elle tremblait comme une feuille, partagée entre excitation, douleur, bonheur, rire et larmes mêlées. Elle avait compris, et elle se rendait compte soudain qu’elle n’avait vécu ces dernières années que dans l’attente de ce moment-là. Elle eut soudain envie d’éclater de rire. Il lui semblait qu’elle aurait pu s’envoler comme un oiseau qu’on libère de sa cage. Elle regarda par la fenêtre, comme si elle allait le voir là, sur la promenade qui longeait la plage. Elle le connaissait par cœur, ce paysage qu’elle avait tant de fois et si longtemps contemplé en vain. Elle aurait pu en dessiner chaque détail… C’était le soir, la journée s’achevait. Quelques silhouettes s’attardaient encore dans le contre-jour. En l’espace de quelques minutes, le temps s’était distendu. Son regard croisa les rayons du soleil qui s’enfonçait dans la brume des vagues à l’horizon. « C’est comme un grand feu d’artifice à l’envers… » murmura-t-elle, et elle-même ne savait plus si elle parlait du spectacle grandiose du ciel et de la mer, ou du chaos qui s’était emparé de son cœur et de son âme. La nuit allait être longue, et le sommeil difficile à trouver…

Lorsqu’elle s’éveilla, la clarté du jour s’était posée sur elle, et un rayon de soleil avait pris ses yeux pour cible, malgré les nombreux nuages qui peuplaient le ciel. Elle eut tôt fait de bondir hors de son lit. Elle n’avait pas faim, ou alors juste faim de lui, celui qu’elle espérait. Elle fit malgré tout sa toilette, se maquilla avec soin, elle qui d’habitude rechignait à travestir sa nature simple. Ses habits étaient prêts depuis la veille et elle les enfila rapidement. La blouse légère couleur du ciel lui allait parfaitement et c’était la première fois qu’elle portait cette jupe ample à rayures, qui mettait sa taille svelte en valeur. La matinée était déjà bien entamée. Après un rapide coup d’oeil à la pendule en formica qui indiquait maintenant 10h30, elle décida qu’elle serait mieux dehors qu’à faire les cent pas dans l’espace restreint de cette pièce unique qui lui servait à la fois de cuisine et de chambre. Il lui semblait manquer d’air. Elle sortit, claqua la porte en n’oubliant pas malgré son trouble de donner un tour de clefs, et prit la direction de la plage. Elle avait déjà fait mille fois ce trajet, seule, perdue dans ses pensées. Cette promenade habituelle, presque rituelle même, lui apportait de l’apaisement et du réconfort lorsqu’elle se retrouvait toute seule après ses journées de travail. Elle savait qu’il y avait un banc sur l’allée le long de la plage, près d’un manège pour enfants. En général, elle faisait une pause à cet endroit. Elle aimait la musique mécanique qui accompagnait la ronde, les cris des enfants, leur joie naïve, leurs regards émerveillés. Elle aurait voulu être comme eux. Aujourd’hui, quelques voitures étaient déjà garées près du carrousel multicolore. De loin elle reconnut une Simca Vedette Versailles bleu ciel dernier cri, le genre de voiture qui faisait rêver ses collègues au bureau. Elle décida de l’attendre là.

Et soudain, elle le vit, porté par le vent. Elle n’avait pas hésité. Elle l’avait reconnu comme on reconnaît ceux qu’on aime sans se tromper, même loin. L’avait-il lui aussi reconnue ? Elle n’aurait su le dire. Déjà, il n’était plus qu’à quelques mètres d’elle. Il courait à perdre haleine. Elle se leva du banc sur lequel quelques instants plus tôt elle rêvait. Ses jambes tremblaient un peu. Elle voulut faire un pas, mais resta figée, à côté de la magnifique voiture, comme tétanisée. Sa main était crispée sur son sac comme s’il eût contenu un trésor. Le vent du large agitait les rayures de sa jupe. Sa tête, son cœur explosaient intérieurement et l’air marin brûlait ses poumons dans sa poitrine. Ou était-ce autre chose ?... Le temps était suspendu.

Puis il fut là. Et elle contre lui. Sans autre geste. Sans un regard.
« Tu m’as manqué ! » réussit-elle à murmurer, en enfouissant d’instinct son visage mouillé contre son cou. « Toi aussi, tu m’as manqué… », répondit-il, tout en lui tendant la pochette fleurie qui ornait sa poche de veste. Elle ne put réprimer un sourire au milieu du brouillard de larmes. Elle osait enfin lever son visage vers lui. Rien n’avait changé. Hier était un autre jour et demain avait le goût de la bouche qu’il lui offrait en fermant les yeux. Elle savait de manière intense que jamais elle n’oublierait cet instant unique. Toujours, désormais, elle aurait sur ses lèvres le goût sucré-salé du bonheur réinventé. Un mélange de brouhaha de fête foraine, de bonheur d’enfant, de cris de joie et de larmes séchées. Un parfum d’iode et de peau retrouvée. Le vertige en abyme de regards noyés. Tout se gravait en elle. 
De manière incongrue, elle se dit qu’un jour, cette scène ferait un beau film qui restait à écrire. Ils iraient le voir ensemble au cinéma. La boulangère les saluerait poliment au passage et elle lui ferait un clin d’œil. Dans sa tête, elle imaginait déjà la musique…

Ce serait leur histoire, une histoire toute simple. Un homme et une femme.

© Marie-Line SALTEL-BAYOL- 27/07/2016
Photo Robert Doisneau 1961

Posté par Line SB à 19:57 - Poésie - - Votre grain de sel [1] - Permalien [#]

05 août 2016

Cinq ans (2)



par la fenetre

Cinq ans (Suite 1)

Dès cette minute, elle avait eu instantanément l’impression de perdre pied et de sombrer. Elle refusait de comprendre et se posait mille questions qui restaient toutes sans réponse. Elle refusait l’idée qu’il ait pu l’abandonner ainsi, sans prévenir. Elle s’inquiétait et se rendait compte qu’elle ne savait rien de lui, rien que ce qu’il avait bien voulu lui dire ou lui montrer pendant ces quelques mois partagés. C'est-à-dire pas grand-chose finalement. Elle ne connaissait même pas son adresse. Il avait toujours préféré garder le plus de secret possible. Par sécurité, disait-il. Et maintenant, elle se retrouvait seule. Elle aurait voulu lui écrire, lui parler, comprendre… Mais face à elle, un mur de silence opaque se dressait, infranchissable. Ses amies, peut-être un temps jalouses, l’avaient un peu laissé tomber. L’administration lui avait bien fait comprendre qu’elle avait tout intérêt à se concentrer sur son travail d’étudiante et qu’il était hors de question que certaines péripéties extérieures au lycée franchissent les murs de celui-ci. Elle n’avait que dix-sept ans et quelques mois. Elle ne pouvait compter sur personne d’autre qu’elle-même.

Les premiers temps, elle eut envie de s’abandonner au chagrin, de pleurer. Puis elle s’interrogea, douta de lui et d’elle-même. Elle sentait ses rêves lui échapper, se dissoudre. Elle fut en colère aussi, parce que tout ceci n’était pas juste et qu’elle restait seule à affronter la situation et les reproches à mots couverts autour d’elle. Elle lui en voulait. Et puis elle ne voyait aucune issue. Un moment, elle pensa fuir et partir à sa recherche, mais elle ne disposait d’aucun argent, et en fait ne savait même pas dans quelle direction chercher. Elle se demandait ce qu’il allait advenir d’eux, mais ce qui la rendait malheureuse, c’était surtout de ne plus pouvoir échanger avec lui, de ne plus ressentir cet amour qui la portait et la rendait invincible. Une simple explication aurait apaisé ses peurs et sa souffrance, croyait-elle. Même si celle-ci devait signer la fin de leur histoire d’amour. Mais elle eut beau guetter sa boîte aux lettres et d’autres signes qu’elle espérait tant, rien ne vint.

Alors elle se mura dans le mutisme et après quelque temps de quête vaine, elle plongea à corps perdu dans ses études. Elle se noyait dans les mots écrits par d’autres, comme s’ils avaient pu lui permettre de dire ce qui l’habitait, la hantait. Même sa famille ne sut rien de ses inquiétudes et de son chagrin. En apparence, la jeune fille semblait vivre. Intérieurement, elle attendait. Elle l’attendait. Elle savait qu’il reviendrait.

Les mois passèrent. Et les années. Elle semblait avoir tourné la page. Elle passa son bachot, l’obtint brillamment, trouva un emploi de secrétaire qui lui permettait d’être indépendante et quitta sa famille pour s’installer seule dans une petite ville à quelques dizaines de kilomètres. Elle n’avait pas choisi le lieu au hasard… C’était là qu’ils allaient, autrefois, quand ils voulaient se retrouver tous les deux, seuls, à l’abri des regards indiscrets. C’est lui qui lui avait fait découvrir cet endroit dont elle avait gardé un souvenir précieux et tendre. Là-bas, la mer avait le goût de la liberté d’autrefois. C’était son ailleurs à elle. Il lui semblait qu’elle l’y retrouvait un peu aussi. Dans le ciel, dans le sable, dans le vent. Tout lui parlait de cet amour perdu qu’elle s’était obstinée à ne pas oublier. Elle avait trouvé un petit appartement au premier étage d’une maison qui donnait sur la plage. Chaque jour, elle passait de longs moments à regarder l’océan et ses vagues qui s’en allaient, mais revenaient toujours. Elle n’avait pas noué beaucoup de liens, même avec ses jeunes collègues de travail. Elle se tenait à l’écart, préférant sa solitude aux propositions de sorties qu’elles lui faisaient pourtant souvent. On ne lui connaissait pas de fiancé. « Jolie comme vous êtes… c’est pas permis ! ... », lui disait souvent la boulangère quand elle allait acheter son pain. Elle répondait d’un sourire, se détournait dans un froufroutement de jupon, et s’en allait, en faisant claquer ses petits talons sur le trottoir.


Et puis un jour comme tous les autres, un jour banal, où rien n’avait éclairé son horizon et où les heures se déroulaient sans espoir, elle trouva dans sa boîte aux lettres un petit paquet ainsi qu’une lettre, adressés à son nom. Elle fut surprise. Elle ne recevait que peu de courrier, et encore moins souvent de paquet. Après avoir longtemps regardé, soupesé le colis, elle décida de lire d’abord la lettre dont l’adresse avait été tapée à la machine. Elle la retourna sous toutes les coutures, puis l’ouvrit enfin, soigneusement, sans déchirer trop l’enveloppe. Elle contenait une carte postale assez impersonnelle. C’était une vue d’un lieu qu’elle ne connaissait pas, mais qu’elle reconnut sans mal. La Tour Eiffel ne laissait place à aucun doute. Le dos de la carte n’était pas signé, mais portait simplement quelques mots, d’une écriture qu’elle n’eut aucun mal à reconnaître :

« - "Il me faudra des mois, des mois, des mois pour que je me rassasie des baisers à vous donner. Il faudra des ans de mois pour épuiser les baisers que je peux poser sur vous, sur vos mains, sur vos cheveux, sur vos yeux, sur votre cou." - B V
Demain, à midi, je marcherai dans l’écume jusqu’à toi. »

Elle avait déjà compris. Maintenant il lui tardait d’ouvrir le paquet, et en déchirant fébrilement le papier kraft qui l’emballait, son visage s’était éclairé instantanément d’un sourire comme il n’en avait pas connu depuis bien longtemps. Au milieu du papier froissé, elle découvrit presque sans surprise un livre : « L’écume des jours ».

A suivre...

© Marie-Line Saltel-Bayol - 27/07/2016
photo Marion B. (Blog "Du côté du Teich")

Posté par Line SB à 11:52 - Poésie - - Votre grain de sel [0] - Permalien [#]

02 août 2016

Cinq ans (1)

Pour me faire pardonner d'avoir été absente tout le mois de juillet,
j'ai décidé de vous offrir, en feuilleton, une nouvelle que j'ai écrite...

J'espère qu'elle vous plaira !

kiss 50

Cinq ans

Cinq ans ! Cela faisait cinq ans qu’elle ne l’avait pas vu. Cinq ans et 13 jours pour être précis. Car elle avait tenu le compte exact des journées passées sans lui. Autant dire une éternité à son échelle !
Au début, elle ne l’avait pas cru, lorsqu’il lui avait parlé de ce départ obligé. Pour les protéger. Elle ne comprenait pas. Elle, elle l’aimait. Cela faisait à peine un mois qu’ils s’étaient « trouvés ». Un mois de bonheur intense. Un mois de découvertes mutuelles et d’apprentissage de l’autre. Le temps avait filé comme une quenouille qui se dévide, à l’insu de tous, famille, amis, collègues... Ils avaient acquis la certitude qu’un bon ange les avait mis sur la même route alors même que leur rencontre était plus qu’improbable. Impossible même aux yeux du monde. Bien sûr, elle savait bien « qu’elle n’avait pas l’âge… », mais il la respectait, et elle n’était contrainte à rien. Il lui avait dit qu’il patienterait le temps qu’il fallait. Tous deux n’avaient qu’une certitude : leur amour était plus fort que tous les interdits de la vie et ils étaient heureux.

Ils étaient si différents… 
Lui, la quarantaine élégante, plutôt classique, mais avec cette petite touche de folie qui se manifestait toujours par un détail inattendu au milieu de la grisaille de ses vêtements. Tantôt une pochette ou un mouchoir fleuris, tantôt un col coloré, ou des chaussettes absolument pas protocolaires qui la faisait sourire quand elle les découvrait. Elle avait aussi remarqué ses boutons de manchette en porcelaine bleue à motif chinois… Elle aimait ces surprises qu’elle seule, elle l’aurait juré, avait le privilège d’apprécier et de détailler. Il était toujours pressé, impatient. Sauf dans leurs ébats. Là il se montrait doux et calme, très attentionné. Prenant son temps comme on savoure une tasse de café jusqu’à l’ultime goutte… Jamais il ne cessait de la regarder. Ca la faisait rire, d’ailleurs, et elle lui demandait parfois s’il voulait une photo d’elle, cela aurait été plus vite… Il ne répondait pas. Son regard se voilait un peu, et elle agitait l’air de son rire cristallin pour le ramener auprès d’elle au plus vite.
Elle, elle explosait de cette beauté flamboyante des jeunes filles en fleur, qu’elle ne soupçonnait nullement. Elle avait encore l’innocence des enfants, mais elle arrivait au moment où celle-ci se perd dans les voiles de la séduction voulue. Seul lui était conscient de ça. S’il avait dû la décrire, il aurait sans doute parlé d’un oiseau. Elle chantait tout le temps, s’agitait comme un animal pris au piège trop étroit d’une cage, fût-elle dorée. Lorsqu’elle courait dans l’escalier pour venir l’attendre, sa jupe dessinait autour d’elle un nuage mouvant. Vivant comme elle. Insaisissable comme l’amour.

Il l’avait rencontrée dans le lycée où il enseignait la littérature française. Elle était tombée amoureuse de lui en même temps que de Vian. A travers lui, elle dansait la vie sur un air de trompette de jazz. Une seule chose les avait séparés pendant quelques mois : leur âge et la raison. Mais ils n’avaient pu lutter longtemps contre l’attirance des corps et des âmes, indomptable telle une grande marée qui emporte tout sur son passage. Le raz de marée avait eu lieu, et l’homme raisonnable avait cédé devant l’évidence faite femme dans un corps d’enfant aux yeux de la loi. Mais comment empêcher certaines victoires des sentiments ? Ce n’était pas un jeu.
Ce furent sans doute les plus beaux jours de leur vie. De ceux qui s’écrivent à l’encre de feu des passions incendiaires naissantes et ne s’oublient plus. Elle pensait avoir toute la vie. Il savait qu’il n’avait pas de temps.

La rumeur les devançait sans aucune pitié. Des bruits couraient. Leur attachement mutuel avait grandi au fil des jours et il leur devenait de plus en plus difficile de ne pas laisser entrevoir l’immense complicité qui était née entre eux, l’intense tendresse qui les unissait, même si lui s’arrangeait toujours pour éviter de lui adresser la parole en public. Il bannissait même tout échange de regards qui eût pu les trahir, tellement leur amour était devenu palpable et clair. Peu à peu l'évidence s'imposait aux yeux de tous.
Un matin, alors que la cloche retentissait, le directeur du lycée arriva à la première heure dans la cour, au milieu des files d’élèves, l'air pincé. Il était accompagné d’une petite femme boulotte, aux cheveux gris et qui paraissait timide. 
- « Je vous présente votre nouveau professeur de français. C’est elle qui s’occupera de votre classe. En effet, Monsieur Delharm a dû quitter son poste au plus vite pour raisons personnelles. Il m’a chargé de vous faire ses adieux et vous souhaite bonne chance ». Puis il planta là la professeur tétanisée et tourna les talons sèchement. Les élèves se regardaient entre eux, incrédules, et commençaient à rire sous-cape. La jeune fille avait pâli.

C'était comme si le soleil venait de s’éteindre en plein jour.

(A suivre...)

© Marie-Line SALTEL-BAYOL - 27/07/2016

 

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